Photograph of Parliament Hill in Ottawa, Ontario.

À la lecture du récent budget fédéral

Matthew Holmes
Matthew Holmes

Il y a eu beaucoup de discussions publiques récentes à propos de ce que contenait (et ne contenait pas!) le budget de 2018 du gouvernement du Canada. J’ai donc voulu partager quelques réflexions sur mon point de vue à Magazines Canada.

À l’occasion d’un deuxième budget de suite, peu d’engagements ont été signifiés pour le secteur des arts et de la culture, après la considérable augmentation du financement annoncée dans le premier budget du gouvernement, en 2016, dont la plus grande partie s’est traduite pas des augmentations accordées au Conseil des arts.

Durant la période qui a précédé l’annonce du budget, nous avons travaillé pendant des mois avec la compréhension que la « modernisation » du Fonds du Canada pour les périodiques serait divulguée dans le budget de 2018, de pair avec des mises à jour similaires dans un certain nombre d’autres dossiers en culture. Au cours de cette période, plusieurs d’entre vous ont probablement eu vent des efforts manifestes et concertés menés au cours des derniers mois pour obtenir du gouvernement qu’il se porte à la rescousse des grands quotidiens, dont plusieurs ont proposé d’utiliser des fonds du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP).

Cela a sérieusement alerté Magazines Canda, puisque les 75 millions $ par année du FCP demeurent un soutien vital pour les magazines canadiens et les journaux communautaires payants, qui ont pu compter sur cet appui depuis plus de 150 ans. On pourrait faire valoir que ce montant pourrait difficilement faire une différence quant au passif et à la crise de rentabilité auxquels les quotidiens sont confrontés.

1. Ce que le budget comprend :

Le budget a clairement établi que le gouvernement investit dans le contenu et soutient l’industrie des médias pendant qu’elle continue de s’adapter et d’évoluer, plutôt que de renflouer ou d’appuyer ce que la ministre Mélanie Joly appelait les « entreprises non viables », à l’occasion de son discours sur l’approche « Canada créatif » en septembre. Le budget propose plutôt l’annonce d’un financement temporaire (10 millions $ par année pendant cinq ans) à investir dans un organisme tiers pour aider à couvrir les nouvelles locales. Aspect important, cette mesure sera centrée sur le contenu pour les marchés qui ne sont pas actuellement desservis par les médias (p. ex. : cela pourrait être dans les capitales provinciales ou régions qui ne sont plus desservies par un média).

Cela est important : le gouvernement ne choisit pas des gagnants ni ne crée une concurrence soutenue par le gouvernement pour les médias existants; il investit dans la création de contenu dans les communautés mal desservies. De plus, il s’agit de nouveaux fonds, de fonds temporaires, et ils ne proviendront pas du Fonds du Canada pour les périodiques.

Le budget a également annoncé des engagements à explorer des façons pour les entreprises de médias d’adopter des modèles d’organismes sans but lucratif, d’organismes caritatifs ou de fondations, et la possibilité d’étendre la couverture des organismes caritatifs en vertu de la Loi de l’impôt sur le revenu au-delà de l’éducation pour y inclure également la couverture des nouvelles et de l’information dans les médias. Il s’agit là d’une mesure à laquelle Magazines Canada a souscrit dans le passé et qu’elle a invité le gouvernement à examiner davantage. En fait, nous avons un certain nombre de magazines membres dont le modèle repose sur celui des fondations et organismes de charité. Nous sommes déjà en contact avec Patrimoine canadien afin d’examiner comment certains de nos magazines peuvent offrir des approches novatrices et des modèles constructifs dans ce nouveau paradigme, et comment nos membres peuvent mettre en œuvre des nouveaux modèles financiers conçus pour augmenter l’autosuffisance dans les médias.

Il est important de souligner que dans les deux cas, le gouvernement évite de renforcer les modèles d’affaires existants et focalise plutôt ses efforts sur deux secteurs : offrir un soutien direct à la création de contenu, et aider les entreprises existantes à s’adapter aux nouvelles réalités et pressions du marché de la consommation (qu’elles tiennent à l’avènement du numérique, à la publicité ou à des changements dans les comportements des consommateurs).

2. Ce que le budget ne comprend pas :

Il est clair que le budget ne comprend aucun changement au Fonds du Canada pour les périodiques.

Pour nous, il s’agit d’une victoire : nous avons été en mesure de protéger notre base de financement, qui sera maintenue dans sa forme actuelle et avec son budget actuel, pour un avenir prévisible – et ce, dans la continuité pour les magazines canadiens et les journaux communautaires payants qu’elle a toujours appuyée. Comme l’indiquait la ministre Joly en septembre, le FCP demeurera le « principal véhicule » par lequel le gouvernement soutient les magazines canadiens et les journaux communautaires payants.

Cela dit, au cours des prochains mois et des prochaines années, nous devrons poursuivre la conversation que nous avons déjà entreprise auprès de Patrimoine canadien quant à la façon de moderniser le Fonds du Canada pour les périodiques et le soutien aux magazines. Clairement, le gouvernement a signifié sur plusieurs fronts qu’il entend lier plus directement son soutien financier à la création de contenu, et moins à des modèles ou plates-formes spécifiques de tenue des activités. Il a également signifié qu’il souhaite aider notre industrie et offrir suffisamment de souplesse à nos membres qui sont en expansion ou qui effectuent la transition vers la création de contenu numérique.

En vertu de son cadre de travail actuel, le FCP n’offre pas cette souplesse, mais Magazines Canada est en discussion avec Patrimoine canadien afin d’explorer des façons d’adapter ce cadre afin de répondre aux besoins évolutifs de notre industrie. Ce dialogue se poursuit et, comme membres et intervenants de Magazines Canada dans ce processus important, nous continuerons de vous tenir informés au gré des avancées liées l’avenir du FCP!

3. Obtenez plus d’information sur l’avenir du FCP et sur d’autres enjeux de politiques publiques à MagNet

MagNet 2018 approche à grands pas et des représentants officiels de Patrimoine canadien viendront y traiter des changements à leurs programmes respectifs de financement, et des dizaines d’autres conférenciers et sessions exceptionnels pour répondre aux besoins de l’ensemble de l’équipe de votre magazine. Se joindront également à nous des représentants du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts de l’Ontario, de la Société de développement des l’industrie des médias de l’Ontario, de Postes Canada et d’autres importants bailleurs de fonds et partenaires de notre industrie. Je vous invite à participer activement à la conversation et à profiter des rabais lève-tôt réservés aux membres en vous inscrivant à MagNet dès maintenant : magnet.magazinescanada.ca

Au plaisir de vous y voir afin que nous puissions poursuivre la conversation!

Matthew Holmes